Cédrick Eymenier

48_eymenier-new-filmXX.jpg

 

Credit photo: Cédrick Eymenier

Artiste et musicien, Cedrick Eymenier combine photographies, vidéos, collages, installations sonores et projections. Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Nîmes en 2001, il débute en 2002 une série de films intitulée Platform. La musique occupe une place essentielle dans son activité, il invite de nombreux musiciens à collaborer à ses films (Fennesz, Vladislav Delay, Steve Roden…) qui sont projetés et exposés dans différents contextes : cinéma, architecture, musique expérimentale et art contemporain.

 

Les vidéos sont montrées lors de festivals (Musica Genera Szczecin, Cité de l'Architecture à Paris…), dans le cadre d'expositions (Center for Cosmic Wonder Osaka, Modernet Museet Stockholm, Loop Barcelone…) ou de programmations spécifiques (Centre Pompidou, Issue Project Room New York, Cham Projects Hong Kong…). Si la série Platform est consacrée aux paysages urbains contemporains, d’autres vidéos traitent de sujets bien différents. A peine montées, elles révèlent souvent une succession de plans séquences, Reflexion Bird : un oiseau se regardant dans le miroir d’une rétroviseur, Mirissa : un plan-séquence depuis une grande-roue, Event horizon : un feu d’artifice filmé depuis un volcan éteint. De nouveaux projets The Answer et Kill Akropolis sont en cours et proposent une autre direction. Une sorte de tentative de mise en film de l’architecture de la mémoire, basés sur des anecdotes, des coïncidences.

Les photographies ont fait l’objet de plusieurs expositions (De leur Temps 4 à Nantes, Galerie Poggi à Paris, Lieu Commun à Toulouse, l’Eté photographique de Lectoure…). Cedrick réalise lui-même les tirages, ajustant les couleurs et la lumière méticuleusement. Parfois les images sont projetées, avec un système de sonorisation de l’appareil de projection. En 2010, les Editions Ordet lui consacrent un ouvrage en deux volumes réunissant une sélection de photographies et de textes de Jeff Rian, Yannick Haenel, Damon Krukowski, Gaëlle Obiégly… Son travail est publié dans diverses revues telles que Exact change (e-zine, Boston), OkFred/TooMuch (Tokyo), Correspondancia (Buenos Aires), Territorio (Milano) et plus particulièrement dans les Purple magazines auxquels il contribue depuis 1998 notamment à la publication de Bellevue, Landscape photographs en 2000 aux côtés de Richard Prince, Doug Aitken, Anders Edström... La photographie est le médium avec lequel le travail visuel a commencé. Depuis 1995 s’esquisse une proposition, à classer dans ce que l’on appelle la street photographie, à ce détail près que les photographies de Cédrick Eymenier sont majoritairement sans présence humaine, comme pour nous inviter à regarder avec plus d'attention.

Commissaire d'une série d'expositions intitulée Esope reste ici et se repose, présentée dans plusieurs lieux d'art en France, ce projet, work-in-progress, est le fruit de collaborations avec des musiciens, des artistes et des vidéastes. Le Son du Salagou, festival de musiques électroniques et improvisées qu'il co-fonde en 2012 avec Markus Detmer (du label Staubgold), en est la suite logique.

Musicien, Cédrick Eymenier joue avec le groupe Cats Hats Gowns et a créé le label Coriolis Sounds en 2009 avec Guillaume Eymenier.

Point Ligne Plan diffuse en VOD et montre régulièrement ses films. Ses oeuvres figurent dans les collections publiques du FNAC, du FRAC PACA, et de l’Artothèque de Nantes.

Kill Akropolis 

Shot & edited by Cedrick Eymenier
Music by Akira Rabelais "1340 Gaw. & Gr. knt 471 Wel by-commes such craft vpon cristmasse"
Color calibration by Graziella Zanoni (French Kiss Prod.)
HD video 16:9 - 10min14sec - 2016

Kill Akropolis a été tourné à Agios Pavlos, sur la côte sud de la Crète en mai 2014. Des constructions inachevées se font l’écho des colonnes des temples de la Grèce antique. Selon les habitants de l’île, il y aurait plusieurs explications à ces édifices laissés à l’abandon : certains lieux suggèrent que des familles, fidèles à la tradition, attendent le retour de leurs enfants en posant des fondations. D’autres, construits par des promoteurs immobiliers et voués à devenir des hôtels n’ont jamais été terminés à cause de la crise économique. 

Agios Pavlos rassemble quelques petits hôtels et des tavernes dans une baie sableuse parsemée de falaises. Au loin, la silhouette de l’île de Paximadia se détache de la mer. Le village se réclame avoir été le décor de la bataille mythologique qui opposa Icare à Dédale.

 

Niké, déesse ailée, incarnait la victoire dans la mythologie grecque. Le spectateur pourra apercevoir une appropriation contemporaine d’une de ses ailes sur un t-shirt. 

Les constructions abandonnées d’Agios Pavlos peuvent faire penser au film « Bassae » de Jean-Daniel Pollet, avec ses anciens temples grecs dans les montagnes d’Arcadie du Péloponnèse. 

Je suis parti en Crète pour une exposition, sur la côte nord, dans un lieu appelé Mesogios, ce qui signifie Méditerranée (un autre titre d’un film de Pollet). Pendant le vernissage, quelqu’un m’a dit : « … il faut tuer l’Acropole ». J’ai pensé qu’il voulait dire « tuer le père », dans une suggestion oedipienne. C’est cette même personne qui suggéra que nous visitions la côte sud de la Crète et Agios Pavlos, si nous voulions un endroit tranquille où passer quelques jours. C.E